Dansles plis sinueux des vieilles capitales de Taussig, Sylvie sur ISBN 10 : 2351761715 - ISBN 13 : 9782351761717 - GALAADE EDITION - 2012 - Couverture souple
Kalliope → French poets → Charles Baudelaire → First linesCharles Baudelaire 1821–67WorksPoem titlesFirst linesReferencesBiographyAA la pâle clarté des lampes languissantesA la très-chère, à la très-belleAmina bondit, — fuit, — puis voltige et souritAndromaque, je pense à vous! Ce petit fleuveAnge plein de gaieté, connaissez-vous l’angoisseAu milieu des flacons, des étoffes laméesAu pays parfumé que le soleil caresseAu Poète impeccableAu-dessus des étangs, au-dessus des valléesAujourd’hui l’espace est splendide!Avec ses vêtements ondoyants et nacrésBBientôt nous plongerons dans les froides ténèbresBizarre déité, brune comme les nuitsBlanche fille aux cheveux rouxCC’est la Mort qui console, hélas! et qui fait vivreC’est une femme belle et de riche encolureCe ne seront jamais ces beautés de vignettesCe soir, la lune rêve avec plus de paresseCe spectre singulier n’a pour toute toiletteCelui dont nous t’offrons l’imageCombien faut-il de fois secouer mes grelotsComme les anges à l’oeil fauveComme un beau cadre ajoute à la peintureComme un bétail pensif sur le sable couchéesConnais-tu, comme moi, la douleur savoureuseContemple-les, mon âme; ils sont vraiment affreux!Contemplons ce trésor de grâces florentinesDD’où vous vient, disiez-vous, cette tristesse étrangeDans des fauteuils fanés des courtisanes vieillesDans des terrains cendreux, calcinés, sans verdureDans les caveaux d’insondable tristesseDans les planches d’anatomieDans les plis sinueux des vieilles capitalesDans ma cervelle se promèneDans une terre grasse et pleine d’escargotsDe ce ciel bizarre et livideDe ce terrible paysageDeux guerriers ont couru l’un sur l’autre, leurs armesDis-moi ton coeur parfois s’envole-t-il, AgatheDu temps que la Nature en sa verve puissanteEEn ces temps merveilleux où la ThéologieEntre tant de beautés que partout on peut voirFFière, autant qu’un vivant, de sa noble statureFourmillante cité, cité pleine de rêvesGGloire et louange à toi, Satan, dans les hauteursGrands bois, vous m’effrayez comme des cathédralesHHarpagon, qui veillait son père agonisantHomme libre, toujours tu chériras la mer!Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassibleIIl est amer et doux, pendant les nuits d’hiverIl est de forts parfums pour qui toute matièreIl me dit qu’il était très-richeIl me semble parfois que mon sang coule à flotsIls marchent devant moi, ces Yeux pleins de lumièresIls me disent, tes yeux, clairs comme le cristalImaginez Diane en galant équipageJJ’ai longtemps habité sous de vastes portiquesJ’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ansJ’aime le souvenir de ces époques nuesJ’aime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissésJ’implore ta pitié, Toi, l’unique que j’aimeJe n’ai pas oublié, voisine de la villeJe suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierreJe suis comme le roi d’un pays pluvieuxJe suis la pipe d’un auteurJe t’adore à l’égal de la voûte nocturneJe te donne ces vers afin que si mon nomJe te frapperai sans colèreJe veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresseJe veux, pour composer chastement mes égloguesJe veux te raconter, ô molle enchanteresse!LL’Amour est assis sur le crâneL’homme a, pour payer sa rançonL’un t’éclaire avec son ardeurLa Débauche et la Mort sont deux aimables fillesLa diane chantait dans les cours des casernesLa femme cependant, de sa bouche de fraiseLa Haine est le tonneau des pâles DanaïdesLa Maladie et la Mort font des cendresLa musique souvent me prend comme une mer!La Nature est un temple où de vivants piliersLa rue assourdissante autour de moi hurlaitLa servante au grand coeur dont vous étiez jalouseLa sottise, l’erreur, le péché, la lésineLa très-chère était nue, et, connaissant mon coeurLa tribu prophétique aux prunelles ardentesLe Démon, dans ma chambre hauteLe long du vieux faubourg, où pendent aux masuresLe poëte au cachot, débraillé, maladifLe regard singulier d’une femme galanteLe soleil s’est couvert d’un crêpe. Comme luiLe vin sait revêtir le plus sordide bougeLecteur, as-tu quelquefois respiréLes amoureux fervents et les savants austèresLes cloîtres anciens sur leurs grandes muraillesLorsque, par un décret des puissances suprêmesLorsque tu dormiras, ma belle ténébreuseMMa femme est morte, je suis libre!Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orageMa pauvre muse, hélas! qu’as-tu donc ce matin?Mère des jeux latins et des voluptés grecquesMère des souvenirs, maîtresse des maîtressesMon berceau s’adossait à la bibliothèqueMon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeuxMon enfant, ma soeurMorne esprit, autrefois amoureux de la lutteNNous aurons des lits pleins d’odeurs légèresNovis te cantabo chordis [Franciscae meae laudes]Novis te cantabo chordis [Franciscae meae laudes]OO fins d’automne, hivers, printemps trempés de boueO muse de mon coeur, amante des palaisO toi, le plus savant et le plus beau des AngesO toison, moutonnant jusque sur l’encolure!On dirait ton regard d’une vapeur couvertPPluviôse, irrité contre la ville entièrePour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampesPour soulever un poids si lourdPouvons-nous étouffer le vieux, le long RemordsQQu’est-ce que Dieu fait donc de ce flot d’anathèmesQuand chez les débauchés l’aube blanche et vermeilleQuand Don Juan descendit vers l’onde souterraineQuand je te vois passer, ô ma chère indolenteQuand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercleQuand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automneQue diras-tu ce soir, pauvre âme solitaireQue j’aime voir, chère indolenteQue le Soleil est beau quand tout frais il se lèveQuoique tes sourcils méchantsRRace d’Abel, dors, bois et mangeRappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âmeRubens, fleuve d’oubli, jardin de la paresseSSans cesse à mes côtés s’agite le DémonSi par une nuit lourde et sombreSous les ifs noirs qui les abritentSous une lumière blafardeSouvent à la clarté rouge d’un réverbèreSouvent, pour s’amuser, les hommes d’équipageTTa tête, ton geste, ton airTes beaux yeux sont las, pauvre amante!Tes pieds sont aussi fins que tes mains, et ta hancheToi qui, comme un coup de couteauTu mettrais l’univers entier dans ta ruelleTu n’es certes pas, ma très-chèreUUn soir, l’âme du vin chantait dans les bouteillesUne fois, une seule, aimable et douce femmeUne Idée, une Forme, un EtreUne nuit que j’étais près d’une affreuse JuiveVViens, mon beau chat, sur mon coeur amoureuxViens sur mon coeur, âme cruelle et sourdeViens-tu du ciel profond ou sors-tu de l’abîmeVoici le soir charmant, ami du criminelVoici venir les temps où vibrant sur sa tigeVous êtes un beau ciel d’automne, clair et rose!Vous pouvez mépriser les yeux les plus célèbresVous qui raffolez des squelettesDans les plis sinueux des vieilles capitales » Comme le dit Saint-Jean : « Au commencement était le Verbe. » Et aussi : « La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas trouvée. » (Jean 2,5.) L’écriture est quand même la meilleure trace de ce qui a lieu. Alors, il faut être très sévère avec soi-même. Dans une de mes lettres, je lui dis en
À Victor Hugo I Dans les plis sinueux des vieilles capitales, Où tout, même l'horreur, tourne aux enchantements, Je guette, obéissant à mes humeurs fatales, Des êtres singuliers, décrépits et charmants. Ces monstres disloqués furent jadis des femmes, Éponyme ou Laïs ! — Monstres brisés, bossus Ou tordus, aimons-les ! Ce sont encor des âmes. Sous des jupons troués et sous de froids tissus. Ils rampent, flagellés par les bises iniques, Frémissant au fracas roulant des omnibus, Et serrant sur leur flanc, ainsi que des reliques, Un petit sac brodé de fleurs ou de rébus ; Ils trottent, tout pareils à des marionnettes ; Se traînent, comme font les animaux blessés, Ou dansent, sans vouloir danser, pauvres sonnettes Où se pend un Démon sans pitié ! Tout cassés Qu'ils sont, ils ont des yeux perçants comme une vrille, Luisants comme ces trous où l'eau dort dans la nuit ; Ils ont les yeux divins de la petite fille Qui s'étonne et qui rit à tout ce qui reluit. — Avez-vous observé que maints cercueils de vieilles Sont presque aussi petits que celui d'un enfant ? La Mort savante met dans ces bières pareilles Un symbole d'un goût bizarre et captivant, Et lorsque j'entrevois un fantôme débile Traversant de Paris le fourmillant tableau, Il me semble toujours que cet être fragile S'en va tout doucement vers un nouveau berceau. À moins que, méditant sur la géométrie, Je ne cherche, à l'aspect de ces membres discords, Combien de fois il faut que l'ouvrier varie La forme d'une boîte où l'on met tous ces corps. — Ces yeux sont des puits faits d'un million de larmes, Des creusets qu'un métal refroidi pailleta… Ces yeux mystérieux ont d'invincibles charmes Pour celui que l'austère Infortune allaita ! II De Frascati défunt Vestale enamourée ; Prêtresse de Thalie, hélas ! Dont le souffleur Enterré sait le nom ; célèbre évaporée Que Tivoli jadis ombragea dans sa fleur, Toutes m'enivrent ! Mais parmi ces êtres frêles Il en est qui, faisant de la douleur un miel, Ont dit au Dévouement qui leur prêtait ses ailes Hippogriffe puissant, mène-moi jusqu'au ciel !» L'une, par sa patrie au malheur exercée, L'autre, que son époux surchargea de douleurs, L'autre, par son enfant Madone transpercée, Toutes auraient pu faire un fleuve avec leurs pleurs ! III Ah ! Que j'en ai suivi de ces petites vieilles ! Une, entre autres, à l'heure où le soleil tombant Ensanglante le ciel de blessures vermeilles, Pensive, s'asseyait à l'écart sur un banc, Pour entendre un de ces concerts, riches de cuivre, Dont les soldats parfois inondent nos jardins, Et qui, dans ces soirs d'or où l'on se sent revivre, Versent quelque héroïsme au cœur des citadins. Celle-là, droite encor, fière et sentant la règle, Humait avidement ce chant vif et guerrier ; Son œil parfois s'ouvrait comme œil d'un vieil aigle ; Son front de marbre avait l'air fait pour le laurier ! IV Telles vous cheminez, stoïques et sans plaintes, À travers le chaos des vivantes cités, Mères au cœur saignant, courtisanes ou saintes, Dont autrefois les noms par tous étaient cités. Vous qui fûtes la grâce ou qui fûtes la gloire, Nul ne vous reconnaît ! Un ivrogne incivil Vous insulte en passant d'un amour dérisoire ; Sur vos talons gambade un enfant lâche et vil. Honteuses d'exister, ombres ratatinées, Peureuses, le dos bas, vous côtoyez les murs ; Et nul ne vous salue, étranges destinées ! Débris d'humanité pour l'éternité mûrs ! Mais moi, moi qui de loin tendrement vous surveille, L'Œil inquiet, fixé sur vos pas incertains, Tout comme si j'étais votre père, ô merveille ! Je goûte à votre insu des plaisirs clandestins Je vois s'épanouir vos passions novices ; Sombres ou lumineux, je vis vos jours perdus ; Mon cœur multiplié jouit de tous vos vices ! Mon âme resplendit de toutes vos vertus ! Ruines ! Ma famille ! Ô cerveaux congénères ! Je vous fais chaque soir un solennel adieu ! Où serez-vous demain, Èves octogénaires, Sur qui pèse la griffe effroyable de Dieu ?
f5BXX. 78 272 326 498 128 400 6 133 331