Or l'un d'entre eux, possédant une énergie de 31 GeV, ce qui en fait le plus énergétique jamais détecté pour un GRB, est arrivé avec un très faible décalage.
Les sursauts gamma sont les traces laissées par un cataclysme galactique l’explosion d’une étoile supermassive. Ils voyagent dans l’Univers pendant des milliards d’années et peuvent apporter des renseignements cruciaux aux astrophysiciens. Pourtant, 40 ans après leur découverte, le mystère est loin d’être résolu ». ExplicationsJean-Marc Bonnet Bidaud était le premier à prendre la parole pour nous donner quelques rappels historiques. Le premier texte décrivant ce qu’on appelle désormais une supernova, c’est-à-dire l’explosion d’une étoile supermassive, date d’environ 1 400 ans. L’astrophysicien s’attarde pour sa part sur une période plus récente l’année 1054, le 4 juillet plus précisément. C’est en effet il y a un peu moins de 1 000ans que des témoins ont observé ce phénomène ». Ces témoins étaient des astronomes de la dynastie des Song, en Chine. Ils ont livré un rapport extrêmement concis et complet de l’événement ». Ils ont observé une "étoile invitée" – qui était le nom poétique pour désigner ce qu’on appelle aujourd’hui une supernova – dans un lieu très particulier du ciel, la constellation du taureau qui est près d’une étoile que l’on connait parfaitement ». Ce phénomène était extrêmement spectaculaire puisque l’étoile nouvellement apparue était visible pendant 23 jours. Aussi spectaculaire que soit ce phénomène, il n’a été observé et noté qu’en chine ». Il a évidemment pu être observé ailleurs sur Terre, mais sans consignation à l’époque. De manière générale, les Chinois ont mis par écrit des phénomènes du genre tout au long de l’histoire, mais pas l’Europe. La raison est principalement culturelle, explique le chercheur du CEA sur le vieux continent, nous étions dans le modèle grec relativement erroné, qui plaçait la Terre au centre avec des sphères autour. La dernière portait les étoiles – une sphère parfaite –, se devait d’être immuable, éternelle et donc affectée par aucun changement ». Ce n’était pas la vision de l’époque de la Chine. L’Europe se réveille dans les années 1700, puis en 1968 En Europe, la redécouverte du ciel transitoire » le site officiel de la mission SVOM explique en détail de quoi il s’agit a été beaucoup plus tardive On doit par coïncidence à un astronome français, Charles Messier, d’être le premier à redécouvrir le résidu de l’explosion de 1054, qu’il a vu comme une petite tache floue il avait alors une lunette astronomique de 10 cm à lépoque. Il l’a enregistré comme le premier élément Messier 1 de son grand catalogue ». L’Observatoire de Paris ajoute que cette explosion a aussi été découverte en 1731 par l'amateur anglais John Bevis, qui l'ajouta à son atlas d'étoiles Uranographia Britannica. L’institut précise que Messier n’a pas volé » la découverte de Bevis ; les deux étaient indépendantes. Néanmoins, Messier a reconnu la priorité de la découverte par Bevis lorsqu'il l'apprit par une lettre de 10 juin 1771 ». Les moyens de communication et de partage des connaissances n’étaient pas les mêmes à l’époque. Ce n’était que le début de la découverte de ce pan de l’astrophysique c’est seulement en 1968 que nous avons compris tout le phénomène de l’explosion des étoiles », ajoute Jean-Marc Bonnet Bidaud. On l’a compris par la détection au centre de cette nébuleuse – à l’emplacement d’une petite étoile totalement anodine en lumière visible – d’une source d’onde radio très puissante qui était de plus périodique. On l’a appelée pulsars et elle était associée à un objet compact qui reste de l’explosion le cœur de l’étoile qui s’était effondré ». Tout aussi importante, mais peut-être moins connue la découverte, deux ans plus tard, que ce même objet émettait aussi des rayons gamma qui est la forme la plus puissante de la lumière connue ». On la doit à une équipe d’astrophysiciens du CEA, qui a publié un article dans la revue Nature en 1970. Quel rapport entre sursauts gamma et guerre froide ? Bertrand Cordier, responsable scientifique pour la France de la mission SVOM et astrophysicien au CEA, prend la relève, pour parler des sursauts gamma. Il explique qu’il s’agit d’ un objet très particulier du ciel transitoire, peut-être l'objet le plus emblématique ». Il nous propose lui aussi de retracer l'histoire de la découverte de ces sources. C'est une enquête surprenante qui en fait débute par un épisode de la guerre froide ». En 1963, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'URSS signent à Moscou un traité interdisant les essais nucléaires dans l'atmosphère et dans l'espace. On s'était rendu compte que l'espace a la capacité d'arrêter le rayonnement gamma. Donc on pouvait finalement avoir l’idée d’effectuer des essais nucléaires dans l'espace de manière à ne pas être vu depuis le sol. Confiance oblige, six jours après ce traité, l'armée américaine lance les premiers éléments d'une batterie de satellite-espion les sondes Vela. Leur but était justement de vérifier si le traité était respecté et si les Soviétiques n’effectuaient pas des essais dans l'espace. En 1963, ces satellites sont lancés et ils scrutent le ciel dans le rayonnement gamma. Le 2 juillet 1967, ils détectent une bouffée de rayonnement gamma, sur des temps très courts, mais avec une forte intensité. Cette information était alors confidentielle. Elle sera déclassifiée et le secret sera levé en 1973 avec une publication scientifique. Je dirais que le dossier entre alors dans la communauté scientifique et, depuis cette date de 1973, les scientifiques vont essayer de mieux comprendre ces bouffées, car il se trouve qu'on n’en a pas observé qu'une on en voit régulièrement. Donc la question était de comprendre d'où elles venaient et quel était le régime de ces bouffées gamma. » Des événements cataclysmiques et fréquents Dans les années 1990 et 2000, les Américains vont lancer une mission dédiée à la détection de ces sursauts gamma. Le résultat le plus saillant est qu’ils vont en trouver… en grande quantité 2 407 sur l'ensemble de la mission ». De plus, ces sursauts apparaissent partout dans le ciel ; il n’y a pas de direction privilégiée. On peut donc déjà en déduire qu’ils n'ont pas l'air d'être dans notre galaxie ». Pour les scientifiques, les résultats étaient inquiétants » car, si on tient compte de la distance, on comprend que ce sont des événements très très énergétiques ». D’autant que la fréquence d’apparition est environ d’un par jour. Une révolution survient en 1995. On détecte des sursauts dans le rayonnement gamma, mais on ne peut alors pas utiliser des optiques traditionnelles ». Pour faire simple, un rayon gamma traverse une optique comme s’il n’y avait rien. En conséquence, quand on les détecte dans la voute céleste on a de très grosses boites d’erreur », on ne peut donc pas les localiser avec précision. Coup de chance à ce moment-là, un satellite italien qui observe, lui, en X dans la boite d'erreur qui a été donnée par les Américains, voit une source en train de décroître ». Cette complémentarité des mesures sera la base du fonctionnement de SVOM, comme nous allons le voir. Contrairement aux rayons gamma, le fait de travailler sur des rayons X permet d’ avoir des optiques plus performantes, et on arrive ainsi à mieux localiser » la source de l’événement. C’est le début d’une chaine L’information est relayée à un télescope au sol. Il va se braquer sur la position indiquée et voit lui aussi une source très faible qui est en train de décroître ». Ce télescope au sol a pu mesurer un spectre » et donc estimer la distance de l’explosion. On s'est rendu compte qu’elle était très lointaine, au-delà de notre galaxie la lumière qui a imprégné ces images avait voyagé pendant 11,7 milliards d’années ». Pour donner une idée du niveau d’énergie de la source, Bertrand Cordier explique que si on corrige de la distance, on rayonne à 10⁴⁴ joules. À titre de comparaison, cest plus d’énergie que tout le Soleil dans toute son existence ». Des questions se posent évidemment autour de ce cataclysme. Cache-cache galactique et masques codés On se retrouve donc dans une drôle de situation À la fin du 20e siècle, on avait ce phénomène imprévisible dans le temps et dans l'espace, des émissions intenses, mais furtives en gamma, suivis d’émissions rémanentes plus faibles en X et en visible. En visible elles sont très très faibles, les chercher sans savoir où elles se trouvent c'est quasi impossible ; c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin ». Afin de mieux comprendre ces objets », il faudrait pouvoir les localiser. Problème on arrive à bien les détecter en gamma, mais sans les localiser avec précision. En X et en visible c’est le contraire on arrive à bien les localiser, mais pas franchement à les détecter. Vous vous en doutez, une solution a été trouvée avec l'imagerie à masque codé ; c'est ce qui va permettre en gamma d'arriver à mieux localiser ses sources ». Cette technologie n’est pas nouvelle. Elle a été éprouvée ici [dans les locaux du CNES à Toulouse, ndlr] par les laboratoires qui sont dans SVOM ». Le CNES, le CEA et l’IRAP ont en effet mené à la fin des années 80 et 90 une coopération avec l’Union soviétique où, pour la première fois, on a embarqué un masque codé sur un télescope gamma et on a pu faire de la localisation ». Les Américains ont ensuite repris cette technologie avec la mission Swift ou Neil Gehrels Swift Observatory qui depuis 2004, grâce à un masque codé ainsi qu’un concept multi-instruments et longueur d’onde, observe des sursauts gamma et a permis des avancées décisives dans la compréhension de ces événements ». Crédits SVOM Des événements qui ont plus de 12 milliards d’années Bertrand Cordier cite quelques résultats de cette mission. En 2005, les Américains détectent un sursaut et arrivent à donner une position beaucoup plus fine pour que des télescopes au sol puissent essayer dans les boites d’erreur d’aller regarder si on voit des sources ». Cette source est ensuite repérée par le télescope français TAROT Télescope à action rapide pour les objets transitoires, ce qui a déclenché la décision de pointer un très gros télescope dans cette direction, le Very Large Telescope VLT de l’Observatoire européen austral ESO. Les scientifiques se sont alors rendu compte que cet événement s’est produit quand l'univers n'avait que 886 millions d'années. Les photons qui ont imprégné l'image du télescope TOROT de 25 cm pour rappel ont donc voyagé pendant plus de 12 milliards d'années pour nous arriver ». En 2009, les Américains établissent un record dans la catégorie sursauts gamma. Le principe est le même on détecte en direct l’espace avec un télescope gamma, on affine avec un télescope X équipé d’optiques, on passe l’information au sol qui prend le relai avec de très gros télescopes […] Et là vous avez un des objets les plus lointains jamais observés, alors que l'univers était âgé de 625 millions d'années seulement ». Ok, mais ça sert à quoi tout ce charabia ? Des questions vous viennent certainement à l’esprit, par exemple sur l'utilité et la signification. Bertrand Cordier apporte des éléments de réponses Ça veut dire qu'on est en train de voir, avec les sources gamma, peut-être la toute première génération d'étoiles. C'est le seul moyen, sinon ces objets sont trop faibles. Ce qu'on comprend aujourd'hui, c’est vraisemblablement que ces sursauts gamma signent la mort de ces premières étoiles ». Ce sont des étoiles très massives qui sont en train de s'effondrer sur elle-même. Par un processus complexe, elles vont générer un sursaut gamma et une énergie considérable ». La science qui s'intéresse à ces sursauts doit essayer de comprendre comment on peut produire autant d’énergie. Une autre approche est dutiliser ces événements comme des sondes. Quand elles explosent, elles vont illuminer tous les plans entre nous et le sursaut gamma. C'est du coup une information considérable pour avoir les paramètres physiques de l'univers quand il était très jeune. C'est le seul moyen quasiment d'avoir l'information sur l'univers à ces moments-là et de voir peut-être ces premières générations étoiles ». Le mystère des sursauts gamma est loin d’être résolu » 40 ans après leur découverte, le mystère des sursauts gamma est loin d’être résolu. On comprend un peu mieux ces sources transitoires, on comprend le potentiel énorme pour la science qu’on peut faire avec, mais on a besoin de télescopes de nouvelle génération. C’est nécessaire pour mieux les étudier, les localiser et donc être performant », prêche le chercheur. Pour repérer ces sursauts, il faut être sur place et vraiment très bien entraîné avec nos télescopes sinon l'événement passe et on ne l'a pas vu ». C’est tout l’objectif de la mission SVOM détecter avec une bonne précision des sursauts gamma, confirmer rapidement avec des télescopes dédiés et robotisés au sol, et ensuite envoyer les données à la communauté. Nous détaillerons tout cela dans la suite de notre dossier.
Parcoureznotre sélection de sursaut d'énergie : vous y trouverez les meilleures pièces uniques ou personnalisées de nos boutiques.
Si vous lisez régulièrement les actualités en astrophysique, vous avez certainement déjà croisé les termes supernovae, étoile à neutron, trou noir ou encore quasar, plérion et même magnétar ... . Tous ces termes permettent de donner une description à des phénomènes astrophysiques très particuliers et souvent associés à des événement très violents - comme l'explosion d'une étoile par exemple. Mais, savez vous exactement ce que sont ces objets ? Moi-même je n'y connaissais pas grand-chose avant de faire mon stage en astrophysique des rayons gamma. Afin d'éviter que vous vous fassiez tourmenter par des articles trop compliqués, ou pire, que vous vous fassiez berner par des articles remplis de fautes et d'approximations, je tiens à vous faire une description aussi rigoureuse que possible de ces différents objets. Le spectre électromagnétique et les rayons à haute énergie Avant de commencer à décrire les différents objets, il faut que je vous parle de la partie "haute-énergie" du spectre électromagnétique. Si vous avez besoin de reprendre quelques bases d'électromagnétisme, je vous conseille vivement de lire les 3 articles La décomposition de la lumière L'électricité Le magnétisme Comme je vous l'ai déjà dit, la lumière visible s'inclut dans un ensemble plus "large" que l'on appelle spectre électromagnétique, ou encore, spectre d'énergie des rayons lumineux. De gauche à droite nous avons Il existe plusieurs relations entre la fréquence, la longueur d'onde et l'énergie d'un rayon lumineux. La mécanique quantique nous dit que ces rayons lumineux sont à la fois onde et particule onde électromagnétique et photon. On a alors les relations qui lient les différentes quantités que je vous ai présentées Avec la constante de Planck, et la vitesse de la lumière. On a également, l'énergie qui s'exprime en Joules, la fréquence en Hertz, la pulsation fréquence angulaire, la longueur d'onde en mètres. Les relations que je vous ai données permettent donc de comprendre quel est le lien entre l'énergie d'un photon aspect particulaire et sa longueur d'onde ainsi que sa fréquence aspect ondulatoire. En ce qui concerne les rayons énergétiques, le paramètre d'étude est principalement l'énergie. Mais on ne parle jamais en Joules. Même s'ils sont énergétiques, les rayons X ou n'ont jamais des énergies de l'ordre du Joule. C'est pourquoi on utilise une unité bien plus pratique appelée "l'électron-volt". L'unité de l'électron volt eV est définie comme l'énergie cinétique acquise par un électron soumis à un potentiel constant de 1 Volt. On a alors que où correspond à la charge normalisée par 1 Coulomb charge sans unité de l'électron . On peut donc facilement convertir un Joule en électron-Volt. On obtient ainsi le spectre électromagnétique exprimé en électron-Volts. Mais quels processus sont à l'origine de tous ces rayons lumineux ? La question est extrêmement vaste et la réponse est très longue. Mais on peut tout de même décomposer la radiation en deux catégories La radiation thermique et la radiation non-thermique. La radiation thermique Très grossièrement, on appelle radiation thermique tout rayonnement associé à la température d'un corps. En fait, c'est toute la radiation dont le spectre s'approche de celui d'un corps noir. La grande majorité de la lumière qui nous parvient du Soleil est de la radiation thermique, c'est à dire des photons créés à partir de l'agitation thermique des particules qui composent le Soleil. Le rayonnement thermique est en fait très difficile à expliquer car il est directement lié à la notion de corps noir et est une association de très nombreux processus d'émission de photon. La radiation non-thermique C'est là que les choses compliquées commencent. Je vous ai dit que la radiation thermique est une émission de photon dont le spectre est directement lié à la température du corps émetteur. La radiation non-thermique quant à elle ne dépend absolument pas de la température du corps qui en est l'origine. Les phénomènes de radiation non-thermique sont en général liés aux propriétés électromagnétiques du milieu et à la densité de matière. On observe différents types de rayonnement non-thermique L'émission par désexcitation est le type de rayonnement le plus commun. Ce dernier consiste en l'émission d'un photon suite à la désexcitation d'un électron ou d'un nucléon. Généralement, si le rayonnement est issu de la désexcitation d'un électron, l'énergie du photon sera faible tandis que si ce dernier est issu de la désexcitation d'un noyau, cette énergie sera très élevée on parlera alors de rayon gamma ou de radioactivité gamma. Le rayonnement Breemstrahlung ou rayonnement de freinage est produit par l'interaction coulombienne de deux particules chargées. Lorsque deux particules chargées interagissent, leur trajectoire est subitement déviée si-bien qu'ils émettent un rayonnement dont l'énergie peut varier suivant la situation. On retrouve ce genre de rayonnement dans les milieux denses de matière et ionisés de préférence. Le rayonnement synchrotron est émis par une particule chargée accélérée dans un champ magnétique généralement faible. Lorsque le champ magnétique devient élevé, on parle de rayonnement de courbure et à partir d'une certaine valeur un autre processus intervient. Le spectre du rayonnement synchrotron est très large et va des ondes radio aux rayons gamma. Lorsqu'un électron est accéléré par un champ magnétique, il va émettre un rayonnement à une certaine fréquence ainsi que toutes ses harmoniques, un peu comme un instrument de musique. L'émission par production de paire électron-positron. Lorsque le champ magnétique ambiant atteint une valeur critique , des effets quantiques finissent par se faire ressentir. En effet, les électrons sont accélérés à des vitesses si élevées qu'il finissent par interagir avec le champ magnétique pour produire une paire électron-positron qui se recombine en émettant un photon très énergétique. On observe ce phénomène sur des objets généralement très compacts et avec un fort champ magnétique de surface. Le rayonnement Inverse-Compton consiste en l'accélération de photons. Lorsque le milieu radiatif est suffisamment dense, les électron très énergétiques vont aller taper contre les photons faiblement énergétiques en leur transférant une grande partie de leur énergie. On obtient ainsi un rayonnement gamma très intense. Il y a production de rayons par processus Inverse-Compton que lorsque qu'il y a du rayonnement synchrotron. En effet, il faut que les électrons soient accélérés pour atteindre des énergies si élevées. La production de rayon par collision proton-proton. Il existe des milieux matériels ou se collisionnent des vents de particules hadroniques des protons. La physique des particules nous dit que lorsque deux protons entrent en collision, il produisent la plupart du temps une particule un méson appelée "pion neutre" . Cette particule est instable et se désintègre alors presque instantanément en une paire de photons d'énergie chacun. Il existe de nombreux autres processus d'émission de rayonnement mais inutile de tout détailler ici, je pense que je ferai un article complet sur le sujet. Des objets astrophysiques étranges Passons au vif du sujet. Je vous ai fait une présentation de certains processus de rayonnement non-thermique car c'est à travers ces derniers que se manifestent la plupart des objets astrophysiques étranges que je vais vous présenter. On peut distinguer deux catégories d'objets les objets compacts c'est à dire denses et petits, et les objets diffus dont la densité est faible et l'extension spatiale bien plus grande. Les novae Assez différentes des supernovae, les novae ont généralement pour origine une étoile à faible luminosité et faible masse dans un système binaire avec pour compagne un objet compact, une naine blanche généralement. Lorsque l'étoile a brûlé la majorité de son hydrogène, elle sort de la séquence principale pour devenir une géante rouge, sa température et son rayon augmentent tandis que sa densité de matière diminue. La naine blanche étant un objet très dense, elle va déformer par effet de marrée l'étoile géante à tel point qu'elle va s'entourer de plasma de l'étoile géante. La gravité de surface de la naine blanche est si forte que le plasma va se retrouver écrasé et, lorsqu'il y en aura suffisamment, une forte réaction de fusion thermonucléaire des éléments les plus légers va entraîner une augmentation subite de la luminosité du système binaire et une expulsion des couches supérieures de gaz - à la manière d'une supernova de type I mais en version miniature. L'explosion dure en général quelques jours au plus. Dessin d'artiste d'une nova. La matière de la géante rouge s'accrete autour de la naine blanche et finit par déclencher une réaction de fusion thermonucléaire. L'énergie de l'explosion est de l'ordre de . La matière est éjectée à des vitesses de l'ordre de ce qui entraîne un décalage vers le bleu du spectre du système binaire. Le système se refroidit ensuite rapidement ce qui entraîne une forte diminution de sa luminosité. Les supernovae Il existe deux types de supernovae Les supernovae thermonucléaires type I, celles qui se forment à partir d'un système binaire mettant en jeu une géante ou une supergéante rouge et une naine blanche de manière analogue aux novae. Les supernovae à effondrement de cœur type II. Le type que je vais détailler. Pour briller, les étoiles consument les éléments chimiques qui la composent à travers des réactions thermonucléaires exothermiques. Lorsqu'elle est jeune, l'étoile consomme de l'hydrogène. Lorsqu'elle commence à vieillir, celle-ci commence à produire des éléments plus lourds Azote, Carbone, Oxygène ... qui sont plus difficile à faire fusionner et dont la réaction produit moins d'énergie par nucléon. La conséquence est que l'étoile commence à gonfler et à briller plus fort. C'est le résultat des forces de pression gravitationnelle exercée par l'accumulation de matière lourde au cœur de l'étoile. Seulement, à partir du Fer, les réactions de fusion ne sont plus exothermiques mais endothermiques. L'étoile ne produit alors plus d'énergie, elle en consomme. La pression radiative au cœur ne peut alors plus compenser la pression gravitationnelle exercée par le plasma. Ce dernier s'effondre alors soudainement sur le cœur à tel point que les protons et les électrons du cœur fusionnent pour donner des neutrons. Le plasma s'effondrant sur le cœur neutre et extrêmement dense produit une onde de choc si puissante que les couches supérieures de gaz sont violemment expulsées dans le milieu interstellaire à des vitesses atteignant 10 à 20% de la vitesse de la lumière. L'énergie caractéristique libérée par une supernova est de l'ordre de ! L'explosion ne dure généralement que quelques jours mais elle laisse derrière elle un vertige visible et très énergétique que l'on appelle rémanent de supernova. Il a également un objet compact au centre, suivant la masse, soit une étoile à neutron, soit un trou noir. SN 1572 est un rémanent de supernova thermonucléaire. L'image présentée est le résultat de l'observation de cette dernière par le télescope Chandra, c'est à dire dans la bande X. Effectivement, les ondes de choc et de choc inverse créées par l'implosion ont pour effet d'accélérer des particules chargées qui émettent ainsi en X à travers un processus de rayonnement synchrotron. Les supernovæ sont des objets qui émettent de grandes quantités d'énergie lumineuse dans les bandes X et à travers des processus de rayonnement non-thermique synchrotron, Inverse-Compton, collision proton-proton et sont de plus en plus étudiés dans ces bandes là. Les pulsars Les pulsars sont des objets à la morphologie complexe généralement liés à une explosion de supernova. On décompose un pulsar en trois parties La nébuleuse synchrotron Le vent de pulsar Et le pulsar lui-même Un pulsar est en-fait une étoile à neutron ayant une rotation très rapide - d'une période allant de quelques ms à une seconde. Durant le phénomène de supernovae, les couches supérieures ont été expulsées violemment dans le milieu interstellaire tandis que le noyau continue d'attirer de la matière. L’accrétion de matière crée alors un mouvement de rotation de plus en plus rapide de l'étoile à neutron ainsi formée. Le pulsar possède également un champ magnétique de surface extrêmement élevée - pouvant aller au delà de - dont les pôles ne sont pas forcément alignés avec l'axe de rotation de l'étoile. La conséquence de cela est que les pulsars se caractérisent par une émission pulsée. En effet, le champ magnétique détruit la symétrie du système entre l'équateur et les pôles de l'étoiles. Ce même champ magnétique est à l'origine de jets de matière chargée aux pôles magnétiques de l'étoiles mais également d'un vent puissant de particules chargées. Ce vent de particules rapides finit par créer un choc avec le milieu interstellaire ce qu'on appelle communément la nébuleuse synchrotron. Image dans la bande X de la nébuleuse de vent de Pulsar Plérion de Vela Chandra. On y observe bien le pulsar au centre de la nébuleuse synchrotron ainsi que des jets de matière. Généralement, les complexes de pulsar émettent de la bande radio jusqu'en X par l’intermédiaire du processus de rayonnement synchrotron, puis en par l'intermédiaire du processus de rayonnement Inverse-Compton. Des objets astrophysiques TRÈS étranges Les novæ, les supernovæ et les pulsars sont les objets les plus courants des objets étranges. Il existe d'autres objets encore plus énergétiques et encore plus étranges dans l'univers. Vous vous demandez certainement ce que peut bien être un quasar, un blazar ou encore un magnétar. Et bien la réponse c'est maintenant. Les magnétars Les magnétars sont similaires aux pulsars à la différence que le champ magnétique de surface est supérieur à . Cette valeur critique est importante car c'est elle qui est à l'origine de la différence entre un pulsar et un magnétar. Au delà de cette valeur le rayonnement de courbure similaire au rayonnement synchrotron laisse place à un phénomène d'émission par production de paire. Ces objets sont très rares en fait, on en a jamais observé, on estime qu'une supernova sur 100 000 peut donner naissance à un magnétar. Ces derniers peuvent être à l'origine de ce qu'on appelle des sursauts gamma mou c'est à dire des pic d'émission de rayons gamma d'énergie de l'ordre du GeV. Les trous noirs On définit rigoureusement un trou noir comme une singularité gravitationnelle cachée derrière un horizon des événements. De manière plus simple, un trou noir est un objet si compact que la déformation spatio-temporelle engendrée devient infinie au centre tout comme la dilatation temporelle des événements - au niveau d'un rayon autour de la singularité - appelé rayon de Schwarzschild. La conséquence est que tout objet s'approchant de cet horizon va connaître un ralentissement infini et un photon s'approchant de l'horizon connaîtra un redshift infini. C'est la raison pour laquelle les trous noirs sont noirs. Les trous noirs sont des objets étranges dont je ferai certainement un article plus tard qui se forment lorsque le rapport entre la masse et le rayon de l'objet devient grand. Par exemple, il arrive que certaines étoiles sont si massives que leur explosion en supernova engendre successivement une étoile à neutron puis un trou noir. A priori, les trous noirs sont noir car ils n'émettent pas de rayonnement. Cependant, malgré leurs caractéristiques extrêmes, ils parviendraient tout de même à rayonner à travers un processus quantique que l'on appelle rayonnement de Hawking. Les quasars On parle de quasar ou de source de rayonnement quasi stellaire lorsque l'on cherche à décrire une galaxie très énergétique souvent jeune avec un noyau galactique actif. Un quasar est donc une galaxie très active qui se caractérise par un trou noir supermassif en son centre, entouré par un disque de matière chaude, et souvent caractérisé par des jets de matière aux pôles de la rotation du système. Les quasars sont des objets rares bien que l'on en ai recensé plus de 100 000 et très lointains étant donné le redshift observé sur les spectres. Cette image montre le quasar PG 0052+251, qui se situe à milliard d'années lumière de la Terre. On y observe bien un disque chaud d’accrétion de matière ainsi que des jets polaires dus à la rotation du système. [Crédit ESA] Les blazars Les blazars et les quasars seraient le même type d'objets. Tous deux sont composés d'un trou noir supermassif au centre et d'un disque d’accrétion de matière autour ainsi que deux jets de matière aux pôles. Ces objets sont les plus violents de l'univers et émettent dans tout le spectre électromagnétique c'est à dire des ondes radio aux rayons gamma. Tous ces objets sont extrêmement compliqués et encore très mal compris par les astrophysiciens. Ce que je vous ai présenté aujourd'hui n'est que la partie émergée de l'iceberg. Si vous le souhaitez, je pourrai détailler un ou plusieurs de ces objets afin que vous compreniez la phénoménologie profonde qui est à l'origine de ce genre de phénomènes. J'espère que cet article vous a plu, si c'est le cas partagez le. Si vous avez des questions ou une suggestion laissez moi un commentaire et si vous souhaitez m'aider dans mes projets pour le site faites moi un petit don. LongueurPertinenceDifficultéTotal Loann Brahimi Je suis étudiant en thèse en astrophysique au Laboratoire Univers et Particules de Montpellier. L'objectif de ce blog est de transmettre ma passion pour la physique, clarifier certaines visions de la science parfois erronées et enfin d'aider toutes les personnes qui voudraient se lancer dans le monde de la physique. 70 articles Le problème à deux corps est un des modèles des plus importants de toute la physique car il est intimement relié à […] LongueurPertinenceDifficultéTotal C'est reparti pour la dernière partie de notre voyage dans le système solaire, après avoir exploré les planètes qui le composent en […] LongueurPertinenceDifficultéTotal Vous vous êtes certainement déjà demandé d’où venaient les couleurs et quelle est la nature de la lumière. Vous vous êtes surement […] LongueurPertinenceDifficultéTotal Apres l'article dédié aux mouvements, il est logique de parler de forces et d'énergie. On connait tous ces deux mots dans la […] LongueurPertinenceDifficultéTotalVoicitoutes les réponses Sursaut en parlant d'une énergie par exemple. Cette question fait partie du jeu populaire CodyCross! Ce jeu a été développé par Fanatee Games, une société de jeux vidéo très connue. Puisque vous êtes déjà ici, il y a de fortes chances que vous soyez coincé à un niveau spécifique et que vous cherchiez
sursaut blyksnis statusas T sritis radioelektronika atitikmenys angl. burst; flash vok. Aufblitzen, n; Aufleuchten, n; Zacken, m rus. всплеск, m; вспышка, f pranc. flash, m; sursaut, m Radioelektronikos terminų žodynas. – Vilnius BĮ UAB „Litimo“. . 2000. Look at other dictionaries sursaut — [ syrso ] n. m. • en sorsaut XIIe; de sur et saut → soubresaut 1 ♦ Loc. adv. EN SURSAUT d une manière brusque, par un mouvement brusque avec une idée de surprise et d émotion. Le malade, qui visiblement venait de s éveiller en sursaut »… … Encyclopédie Universelle sursaut — Sursaut. s. m. Surprise. Il ne se dit guere que dans ces phrases, Quel sursaut! quel terrible sursaut! En sursaut. Façon de parler adverbiale. S éveiller en sursaut, pour dire, S éveiller subitement … Dictionnaire de l'Académie française sursaut — sur sô s. m. Mouvement brusque, occasionné par quelque sensation subite et violente. • Quand je vis en sursaut une bête effroyable, RÉGNIER Épît. I. • Le cheval fit un grand sursaut, et il retomba des quatre pieds, RETZ IV, 320. • Elle se … Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré SURSAUT — n. m. Mouvement brusque occasionné par quelque sensation subite et violente. S’éveiller en sursaut, être éveillé subitement. Il s’emploie aussi figurément. Un sursaut d’énergie … Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition 1935 SURSAUT — s. m. Mouvement brusque occasionné par quelque sensation subite et violente. Il ne se dit guère que dans cette phrase, S éveiller en sursaut, Être éveillé subitement par quelque grand bruit ou par quelque violente agitation … Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition 1835 Sursaut gamma — Ne pas confondre avec sursauteur gamma mou, phénomène moins énergétique mais récurrent. Sursaut gamma GRB990123, image prise par le télescope spatial Hubble, le 23 … Wikipédia en Français Sursaut solaire — Les sursauts solaires sont les manifestations radioélectriques des éruptions solaires. Ils se produisent surtout en période de grande activité solaire en accompagnant l évolution des taches. Leurs effets viennent s ajouter au rayonnement du… … Wikipédia en Français sursaut — nm., bond, quand on est surpris sô Albanais ; seubressô Arvillard ; sursô Cordon. E. Réveiller … Dictionnaire Français-Savoyard Galaxie à sursaut d'étoile — Galaxie à sursaut de formation d étoiles Image composite en fausses couleurs de la galaxie starburst M82 réalisée à partir d observations des satellites Chandra, Hubble et Spitzer. Une galaxie à sursaut de formation d étoiles ou starburst galaxy … Wikipédia en Français Galaxie à sursaut d'étoiles — Galaxie à sursaut de formation d étoiles Image composite en fausses couleurs de la galaxie starburst M82 réalisée à partir d observations des satellites Chandra, Hubble et Spitzer. Une galaxie à sursaut de formation d étoiles ou starburst galaxy … Wikipédia en Français xix0. 136 337 400 434 358 204 4 371 458