AuYukon (Canada), la chasse et la pĂȘche sportive ont rapportĂ© Ă elles seules 45 % des revenus gĂ©nĂ©rĂ©s par le tourisme. Une manne financiĂšre entretenue par des agences peu scrupuleuses comme Northwoods Adventures qui propose de chasser « le plus prestigieux des trophĂ©es. Le grand ours blanc est plus que rarement prĂ©sent dans les
Perso je trouve ça triste les chasseurs de trophĂ©es, a mes yeux c'est une pratique vicieuse et illogique ... GĂ©nĂ©ralement les mecs qui font ça, c'est pour 3 raisons Le mec adore le jeu et souhaite faire voir qu'il connait tout du jeu, du coup il fait la Platine de celui-ci. 2 Le mec qui a envie d'avoir un beau profil, e-penis, full complĂ©tion pour faire voir qu'il a un e-penis. 3 Le mec qui fait ça en dĂ©fi perso, qui s'en fou de l'avis des autres, mais bon ... dans le fond non, c'est ça qui lui plait, de faire mieux que les autres. LĂ ou je trouve la pratiquement extrĂȘmement conne c'est parce-que dans le fond, personne en Ă rien a foutre de votre profil, que vous ayez 0 platines ou 1000 ça change rien, vous n'ĂȘtes qu'un joueur de plus pour les autres, j'parle mĂȘme pas des kheys qui font des jeux daubĂ©s a la platine facile pour en avoir plus, ou les kheys qui refusent de faire certains jeux car ils sont trop chiants a moi un jeu c'est de l'amusement alors oui y'en a qui se font vraiment plaisir en chassant les trophĂ©es, mais les dĂ©rives sont obligatoires, ne serait-ce que pour voir la liste des trophĂ©es a l'avance, le temps de platine du jeu, les guides etc etc, tu te gaches tout .... mĂȘme l'excuse du " olol j'fait un run clean et je fait mes trophĂ©es sur le deuxiĂȘme run " c'est faux, un chasseur vĂ©rifie tout, le nombre de run a faire pour opti son temps, les collectibles et trophĂ©es ratables etc etc. Tombez pas dans ce cercle vicieux mes kheyillons ... vous ĂȘtes tous des joueurs a mes yeux, 1000 platine ou casu, complĂ©tion de 100% ou 10% ... vous faites pas chier pour ça D'ailleurs c'est pareil sur Play ou One hein, mĂȘme Steam oĂč les trophĂ©es sont encore plus cons car il existe certains logiciels pour les faire pop jouez pour vous faire plaisir mes amis, les jeux c'est fait pour ça, la rĂ©put, l'Ă©-penis, c'est inutile, quelqu'un de bien a pas besoin de tout ces artifices a la con pour savoir ce qu'il vaut Et il n'est jamais trop tard pour faire marche arriĂšre sur le sujet, moi aussi j'ai fait les platines a un moment
Chasserles oiseaux. Bon j'aime beaucoup les oiseaux mais là ils ont mangé toutes mes casseilles (mélange de groseilles et cassis) et ont commencé les myrtilles !!! Pas possible. Donc la chasse aux idées pour les faire fuir de mes fruits rouges est ouverte. Et bien j'ai trouvé et merveille cela fonctionne plus de petits ou gros oiseaux
PubliĂ© le 09/03/2015 Ă 0730 Il y a trop de cerfs, chevreuils et sangliers dans un tiers des forĂȘts du Grand Sud. Ils consomment les jeunes pousses et plants, ils entraĂźnent une baisse de la biodiversitĂ© et compromettent la rĂ©gĂ©nĂ©ration naturelle des forĂȘts. Un nouveau dĂ©cret publiĂ© le 6 mars 2015 va Ă©largir le droit de chasse dans les bois et forĂȘts de l'Etat et simplifier le cadre rĂ©glementaire. L'Office national des forĂȘts a dĂ©sormais le pouvoir de dĂ©terminer les parties des bois et forĂȘts de l'Etat sur lesquelles le droit de chasse sera exploitĂ©, d'en arrĂȘter le lotissement et pour chaque lot de chasse son mode d'exploitation. CoĂ»ts des dĂ©gĂąts important D'ici la fin de l'annĂ©e, l'ONF nĂ©gociera donc des nouveaux contrats avec les locataires de bois. L'objectif affichĂ© par l'agence est triple amĂ©liorer le dialogue entre forestiers et chasseurs, dĂ©finir conjointement des critĂšres d'exploitation des forĂȘts et de chasse et s'accorder sur les moyens adaptĂ©s Ă mettre en Ćuvre pour rééquilibrer les forĂȘts. L'ONF estime en effet le coĂ»t des dĂ©gĂąts entre 12 et 15 millions d'euros par an. Les rĂ©percussions de ce dĂ©sĂ©quilibre dĂ©passent le strict cadre des forĂȘts. Il peut se traduire localement par des accidents routiers et ferroviaires, des dĂ©gĂąts sur les parcelles agricoles, voire contribuer Ă la transmission de maladies telles que celle de Lyme. Le chiffre 10 Ă 15 kg >de vĂ©gĂ©taux frais par jour. C'est ce que consomme un cerf Ă la belle saison. C'est un tondeur». Un cerf Ă©quivaut Ă quatre chevreuils. Un sanglier consomme quant Ă lui 3 kg de matiĂšre vĂ©gĂ©tale par jour.
AuRoyaume-Uni la question sur lâinterdiction dâimportation de trophĂ©e de chasse se pose et certaines ONG mentent sur les chiffres des rĂ©servoirs de grands animaux en Afrique. Ainsi, « la population totale des rhinocĂ©ros en Afrique est de 1300 » affirme le fondateur de la Campagne pour bannir la chasse aux trophĂ©es (Campaign to Ban
Facilement identifiables visuellement, les sculptures de bois noir dĂ©corĂ©es de motifs blancs produites dans lâarchipel des Salomon Ă lâexception des Ăźles les plus au nord, leur iconographie rĂ©currente, les ĂȘtres hybrides quâelles reprĂ©sentent, ont pour ainsi dire tapĂ© dans lâĆil des arrivants occidentaux. Au-delĂ de leurs qualitĂ©s esthĂ©tiques, câest lâimaginaire quâelles convoquent, Ă©vocateur dâun archipel associĂ© Ă lâaube du XXĂšme siĂšcle Ă une vision fantasmĂ©e du cannibalisme, qui participe Ă la popularitĂ© des piĂšces salomonaises auprĂšs du public occidental. Elles interviennent dans les Ă©changes avec les baleiniers dĂšs la deuxiĂšme moitiĂ© du XIXĂšme Lâintensification des contacts, modifiant les rapports de force entre les diffĂ©rentes populations et crĂ©ant de nouveaux circuits dâĂ©changes, mais Ă©galement lâarrivĂ©e dâoutils en mĂ©tal facilitant le travail des sculpteurs, puis les conversions massives au christianisme au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle, créÚrent les conditions dâun afflux de ces objets dans les collections europĂ©ennes. AprĂšs la Seconde Guerre mondiale se dĂ©veloppe un marchĂ© dâartisanat reproduisant certaines piĂšces prĂ©coloniales Ă destination des touristes visitant lâ Lâapparente unitĂ© stylistique de ces productions, reposant sur lâusage rĂ©curent des valeurs maximales de la gamme chromatique »3 le blanc, maximum du clair ; le noir, maximum du sombre ; et le rouge, maximum colorĂ©, ne peut occulter lâexistence de disparitĂ©s rĂ©gionales, ni surtout la richesse conceptuelle prĂ©sidant Ă leur crĂ©ation. Au cours des trois articles Ă venir, nous ferons un tour dâhorizon des diffĂ©rents contextes et modalitĂ©s de production de ces objets dont un des marqueurs visuels importants mais pas exclusif est le contraste, Ă travers lâexploration des deux pratiques majeures auxquelles ils sont liĂ©s la chasse aux tĂȘtes et la pĂȘche Ă la bonite. Cinq sculptures des Ăźles Salomon chez un collectionneur, Stephen Thompson, tirage albuminĂ©, 1863 tirage de 1870, Londres. Reproduction avec lâaimable autorisation dâAnthony Meyer Un territoire multiple Lâarchipel des Salomon est constituĂ© dâune double rangĂ©e dâĂźles, situĂ©es au nord-est de la Nouvelle-GuinĂ©e, en MĂ©lanĂ©sie. Ă six grandes Ăźles â Choiseul, la Nouvelle-GĂ©orgie, Santa Isabel, Guadalcanal, Malaita et San Cristobal Makira â sâajoutent quarante plus petites et de nombreux atolls et Ăźlots, formant un ensemble de prĂšs de neuf cent terres. Il convient de distinguer ces donnĂ©es gĂ©ologiques dâautres, politiques et culturelles, car lâarchipel est divisĂ© entre dâun cĂŽtĂ© lâĂ©tat de Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e dont font partie les Ăźles les plus septentrionales Nissan, Buka et Bougainville et de lâautre celui des Salomon, indĂ©pendant depuis 1978 comprenant le reste de lâarchipel ainsi que les Ăźles Santa Cruz. Lâhistoire du peuplement de ces Ăźles, de lâĂ©tablissement des premiers campements humains il y a vingt-neuf mille ans Ă lâarrivĂ©e des baleiniers europĂ©ens dans les annĂ©es 1790, sâĂ©crit en plusieurs vagues successives. Des peuplements papous, austronĂ©siens puis polynĂ©siens se sont succĂ©dĂ©s sur des milliers dâannĂ©es, soit par lâarrivĂ©e limitĂ©e dans le temps de nouveaux occupants, soit par des Ă©changes et lâexercice dâune influence Ă long Il en rĂ©sulte, malgrĂ© des fondements culturels communs la culture Lapita5 Ă partir de 2700 BP dans le Nord de lâarchipel, associĂ©e Ă lâexpansion des langues et productions matĂ©rielles austronĂ©siennes, puis un systĂšme de navigation efficace rendant les contacts entre les Ăźles frĂ©quents et la mise en Ćuvre de ressources identiques coquillages blancs, bois dâĂ©bĂšne, etc., une importante hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© culturelle, dont les quatre-vingt langues aux souches diverses austronĂ©siennes majoritairement, polynĂ©siennes, et quatre langues papoues actuellement parlĂ©es dans lâarchipel sont le tĂ©moignage. Hormis les enclaves polynĂ©siennes de Rennell et Bellona, on peut distinguer trois aires Les Ăźles de Nissan, Buka et Bougainville sur lesquelles on ne retrouve pas les incrustations de coquillages universellement utilisĂ©es au sud du dĂ©troit de Bougainville mais qui prĂ©sentent Ă lâinverse des similitudes formelles avec la Nouvelle-Bretagne et la Nouvelle-Irlande Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e. Choiseul, Santa Isabel et le groupe de la Nouvelle-GĂ©orgie, dont un des Ă©lĂ©ments culturels marquant les productions matĂ©rielles et lâimaginaire des EuropĂ©ens ! est la pratique de la chasse aux tĂȘtes. Enfin, les Ăźles du sud-est et le groupe des Santa Cruz, lesquelles, sans pratiquer la chasse aux tĂȘtes, prĂ©sentent de nombreux traits culturels communs avec les Ăźles occidentales Ă travers le culte de la bonite ». Dans cette sĂ©rie dâarticles nous nous intĂ©resseront Ă ces deux derniĂšres aires culturelles qui, par les activitĂ©s prĂ©datrices et cultuelles quâelles dĂ©ploient en mer, produisent des artefacts trĂšs proches visuellement. Carte des Ăźles Salomon, Buka-Bougainville et des Ăźles Santa Cruz. © CASOAR Deux activitĂ©s prĂ©datrices DiffĂ©rentes espĂšces de thonidĂ©s, et particuliĂšrement la bonite Ă ventre rayĂ©7, sont au centre de plusieurs formes de pĂȘches ritualisĂ©es dans toute la partie orientale des Ăźles Salomon. La bonite intervient par exemple dans lâinitiation des garçons maraufu ni waiau, initiation Ă la bonite »8, qui dĂ©bute par une expĂ©dition de pĂȘche et se poursuit par lâingestion dâun peu du sang de cet animal. Chez les Owa Aorigi, on frotte le torse du jeune initiĂ© avec la peau du poisson afin dâen imprimer lâ Ă Marika, une pĂȘche est organisĂ©e pour le rituel consacrant les membres de la communautĂ© sacrĂ©e des pĂȘcheurs de De mĂȘme, la capture de bonites est nĂ©cessaire Ă lâinauguration dâune nouvelle pirogue, ou des abris Ă Plus localisĂ©e, la chasse aux tĂȘtes12 sâest probablement dĂ©veloppĂ©e depuis le lagon de Roviana Nouvelle-GĂ©orgie au plus tard au XVIĂšme Les donnĂ©es archĂ©ologiques laissent Ă penser que lâexpansion de la chasse aux tĂȘtes, et des pratiques Ă©conomiques et culturelles qui lui Ă©taient liĂ©es, se fit sous lâimpulsion dâune puissante organisation politique en chefferie. Ainsi sâĂ©tendit, par la cooptation ou lâanĂ©antissement des populations voisines, une culture matĂ©rielle commune Ă tout lâarchipel de Nouvelle-GĂ©orgie, et au-delĂ , aux Ăźles de Santa Isabel et de La chasse aux tĂȘtes Ă©tait une activitĂ© saisonniĂšre restreinte principalement, mais pas uniquement, aux mois de novembre et dĂ©cembre, quand les mers sont les plus calmes. Les expĂ©ditions partaient en majoritĂ© de Nouvelle-GĂ©orgie pour aller vers Santa Isabel, Choiseul ou Les Ăźles directement voisines Ă©tant de prĂ©fĂ©rence Ă©pargnĂ©es, car inclues dans des relations commerciales, il fallait sâaventurer plus loin pour les raids belliqueux. Lâacquisition de tĂȘtes humaines Ă©tait le but principal de ces expĂ©ditions, mais des hommes, des femmes et des enfants Ă©taient aussi capturĂ©s vivants. Les captifs devaient travailler dans le village de leur ravisseurs tout en constituant une rĂ©serve » de tĂȘtes disponible pour lâavenir, et pouvaient parfois acquĂ©rir des fonctions de prĂȘtres funĂ©raires. Les enfants Ă©taient adoptĂ©s par la communautĂ©. La chasse aux tĂȘtes Ă©tait une pratique encadrĂ©e, et le sacrifice de tĂȘte humaine Ă©tait nĂ©cessaire dans un nombre de cas prĂ©cis et limitĂ© la mort dâun chef, lâinauguration dâune nouvelle pirogue, dâune maison commune ou dâune maison funĂ©raire. Des tĂȘtes Ă©taient Ă©galement exigĂ©es pour pouvoir mettre fin au deuil des veuves de AprĂšs avoir Ă©tĂ© utilisĂ©es, les tĂȘtes Ă©taient nettoyĂ©es, parfois surmodelĂ©es avec le mastic dâune noix, puis placĂ©es dans des casiers dans les hangars Ă Un nombre important de crĂąnes tĂ©moignait de la puissance de la communautĂ©, et de sa capacitĂ© Ă sâorganiser pour en acquĂ©rir. Des pratiques comparables ? PassĂ© le constat quâil sâagit de deux activitĂ©s prĂ©datrices se dĂ©roulant sur la mer â Ă©lĂ©ment prĂ©pondĂ©rant du paysage des Ăźles Salomon â on remarque que la chasse aux tĂȘtes et la pĂȘche Ă la bonite prĂ©sentent de nombreuses similitudes. Il est en tout cas difficile, pour les communautĂ©s qui, comme la chefferie dâEddystone Nouvelle-GĂ©orgie, pratiquaient la chasse aux tĂȘtes et des activitĂ©s de pĂȘche Ă la bonite, de diffĂ©rencier systĂ©matiquement les rituels destinĂ©s Ă la pirogue, ceux destinĂ©s Ă la bonite et ceux, Ă©galement Ă©troitement liĂ©s aux pirogues, prĂ©sidant Ă la chasse aux Les rituels consacrant le dĂ©part en mer Ă©taient proches et poursuivaient un but commun favoriser les hommes et la pirogue elle-mĂȘme, afin quâelle rĂ©siste aux avaries et attire Ă elle des bonites ou des tĂȘtes Mais les similitudes ne sâarrĂȘtent pas lĂ Lorsque lâexpĂ©dition rapporte au moins dix tĂȘtes, on effectue le rituel vavagita, identique Ă lâun des rituels de la bonite il consiste Ă pousser un cri qui permet de localiser les bancs de bonites en appelant les oiseaux qui signalent toujours la prĂ©sence des poissons ; en mĂȘme temps, on fait bouillonner lâeau en lâagitant avec la main autour de lâhameçon pour tenter de le dissimuler aux poissons. Au retour de la chasse aux tĂȘtes, on pousse ce cri en essayant de troubler lâeau [âŠ]. Tout ceci est accompagnĂ© de formules adressĂ©es aux oiseaux. »20 Ceci nâest quâun des nombreux exemples de mimĂ©tisme entre ces deux pratiques sacrificielles observĂ©es Ă Eddystone. Toutes deux intervenaient entre autres dans le cycle funĂ©raire consĂ©cutif de la mort dâun chef on sacrifiait une bonite au cinquantiĂšme jour des fĂȘtes funĂ©raires, puis une tĂȘte humaine au centiĂšme, pour conclure les funĂ©railles.21 Le sacrifice dâune tĂȘte, auprĂšs de lâautel des esprits ayant permis son acquisition et afin quâils participent Ă nouveau Ă la prochaine chasse, impliquait de rĂ©citer la formule suivante, qui semble destinĂ©e Ă favoriser non seulement la chasse, mais Ă©galement la pĂȘche Que le sang coule sur la pirogue de guerre, quâil coule sur la pirogue de pĂȘche, soyez efficaces. »22 Des hommes et des bonites Si la comparaison des rituels les entourant permet de conclure Ă lâĂ©quivalence de ces deux activitĂ©s majeures que sont la chasse aux tĂȘtes et la pĂȘche Ă la bonite »23, comment comprendre la place quâoccupent lâune par rapport Ă lâautre les deux proies en question ? Il faut penser le transfĂšre mĂ©taphorique qui sâeffectue de lâhomme au poisson, et plus gĂ©nĂ©ralement le rapport non dichotomique24 que lâHomme entretient avec les entitĂ©s vivantes qui lâentourent. En tĂ©moigne la maniĂšre anthropomorphisante dont les pĂȘcheurs de la lagune de Marovo considĂšrent les produits de leur pĂȘche La relation que les habitants de Marovo ont avec la mer et le rĂ©cif sâarticule sur le principe que les personnes Ă©tablissent des rapports fondamentalement sociaux avec les poissons et autres organismes marins par le biais de leur pĂȘche. La capture des poissons est principalement le rĂ©sultat dâune sĂ©rie dâĂ©vĂšnements dans lesquels le pĂȘcheur et le poisson agissent en tant quâagents et acteurs sociaux. Tout comme les hommes, les poissons appartiennent Ă des groupes, en termes de comportement mais aussi de classification sociale. Les poissons, les tortues et les dugongs sont dĂ©crits comme des ĂȘtres vivants, mais aussi comme des ĂȘtres pensants. Plus un poisson est important aux yeux des hommes en termes de nourriture, plus sa capacitĂ© intellectuelle binalabala semble Ă©levĂ©e et plus le pĂȘcheur doit user dâadresse et dâeffort pour le capturer. La pĂȘche est donc une forme dâinteraction sociale directe entre lâhomme et le poisson ».25 Ce rapport social, câest encore avec la bonite quâil sâexprime le mieux. La bonite est un poisson sans Ă©cailles dont le sang rouge, contrairement aux autres poissons, rappelle celui des hommes. De plus, les bonites chassent en groupe, de maniĂšre trĂšs socialisĂ©e, sâassociant pour faire remonter leur proies prĂšs de la surface â et les plaçant par ailleurs Ă la merci des frĂ©gates, oiseaux de grande envergure. Les bonites arrivent une fois par an dans les eaux de la mer des Salomon, Ă la poursuite de petits bancs de poissons qui constituent leur alimentation. Les frĂ©gates, Ă la recherche des mĂȘmes proies, ainsi que les requins, qui eux se nourrissent des bonites, participent de cette frĂ©nĂ©sie alimentaire »26 donnant lieu Ă une grande effervescence annuelle. Ce spectacle impressionnant, dans un environnement Ă la faune habituellement limitĂ©e quelques roussettes et marsouins, en plus des cochons et chiens apportĂ©s par les migrants austronĂ©siens est vu comme une manifestation du pouvoir des esprits. Dâautre part, si elle constitue une source alimentaire importante, la bonite Ă Ă©galement un comportement imprĂ©visible et peut ĂȘtre dangereuse, en cela quâelle attire les requins. Ainsi, les pĂȘcheurs se trouvent, comme les bonites quâils poursuivent, dans une situation ambiguĂ« »27, entre la proie et le prĂ©dateur. Cette combinaison dâĂ©lĂ©ments positifs et nĂ©gatifs rappelle les propriĂ©tĂ©s qui sont associĂ©es Ă la personnalitĂ© des Les frĂ©gates, puisquâelles chassent les mĂȘmes poissons que les bonites, permettent aux pĂȘcheurs, par leur prĂ©sence au-dessus de lâeau, de localiser au loin les bancs. Leur agressivitĂ© et leur piraterie fascinent, car elles doivent une partie de leur alimentation Ă dâautres oiseaux, quâelles attaquent et obligent Ă recracher leur Lâanalogie qui est faite avec lâagressivitĂ© de la chasse aux tĂȘtes leur confĂšre Ă elles aussi des propriĂ©tĂ©s anthropomorphiques. Nous sommes Ă prĂ©sent en mesure dâĂ©tablir que par une sĂ©rie de liens symboliques, capturer une bonite Ă©quivaut mĂ©taphoriquement Ă pĂȘcher » un homme. Nicholas Thomas va plus loin. Pour lui, les actes relatifs Ă la pĂȘche rituelle â consĂ©cration des pirogues avec le sang des bonites, remerciements aux ancĂȘtres aprĂšs les sorties Ă succĂšs â ressemblent tant aux interdits observĂ©s lors de la chasse aux tĂȘtes quâon peut dire quâils les Richesse et splendeur le spectacle de la chasse aux tĂȘtes Une expĂ©dition de chasse aux tĂȘtes pouvait prendre jusquâĂ deux semaines pour un voyage complet31, sur des distances allant jusquâĂ cent kilomĂštres32, et demandait un dĂ©ploiement de force et une organisation considĂ©rables. Les guerriers Ă©taient admirĂ©s. Dans le lagon de Marovo, une qualitĂ© personnelle importante Ă©tait le varilaku, cette indiffĂ©rence propre au guerrier qui ne se soucie pas de sâil va vivre ou Aux Ăźles Salomon, malgrĂ© lâorganisation politique en chefferies concurrentes, la position des puissants dĂ©pendait beaucoup de leur mĂ©rite34 Les plus renommĂ©s nâĂ©taient pas toujours les meilleurs guerriers mais ceux capables dâorganiser des chasses aux tĂȘtes et de mener Ă bien des expĂ©ditions commerciales. Ils sâenrichissaient, amassant une fortune en colliers de coquillages quâils dĂ©pensaient pour organiser des fĂȘtes, entretenir des dĂ©pendants, construire de nouvelles maisons et pirogues et acheter des prisonniers de guerre. Ces derniers, virtuellement adoptĂ©s, devaient nĂ©anmoins travailler dans les jardins ou se soumettre Ă une sorte de prostitution rituelle qui permettait Ă leur propriĂ©taire dâaccumuler35 davantage de monnaies de coquillages. »36 Ingovaâs head-hunters, Norman Hardy, The Savage South Seas. A&C Black Publishers, London 1907, in Howarth & Waite, 2011. Ces dĂ©monstrations de puissance gĂ©nĂ©raient de somptueuses cĂ©rĂ©monies, qui entre autres prĂ©paraient ou cĂ©lĂ©braient les expĂ©ditions principales. Les membres du groupe qui nây participaient pas rĂ©compensaient ceux qui revenaient avec un beau tableau de chasse ou de nombreux esclaves, en dansant et en jetant des coquillages37 de prix sur le sable, tandis que leur pirogue rentrait chargĂ©e de butin ».38 La chasse aux tĂȘtes, comme dâune certaine maniĂšre la pĂȘche Ă la bonite et son foisonnement dâespĂšces sauvages, donnait lieu Ă des manifestations esthĂ©tiques de richesse et de puissance. Ces pratiques, en elles-mĂȘmes expressions de splendeur, exigent diverses prĂ©parations extraordinaires et il convient de les ranger dans une catĂ©gorie distincte des affaires courantes qui fournissent une toile de fond Ă ces hauts faits aussi sanglants quâĂ©blouissants. »39 Mettre la puissance des morts au service des vivants Parmi les nombreuses sortes dâesprits prĂ©sents dans la cosmologie des Ăźles Salomon, il convient dâen aborder plusieurs catĂ©gories biens distinctes. Tout dâabord, mĂȘme si les histoires coutumiĂšres varient dâune Ăźle Ă lâautre, lâessence du mythe de crĂ©ation des gens et de leurs terres reste le mĂȘme. Un ancĂȘtre fondateur â The Absolute Perfect God » aux Ăźles Nggela Florida, The Great Outsider » dans la zone du lagon de Roviana â est le premier Ă avoir apportĂ© la kastom40 Ă tous les aspects de la vie â pĂȘche, jardinage, guerre, mariage. AprĂšs tous ces exploits lĂ©gendaires, il ne fut plus actif dans le monde des Cela sâest produit il y a si longtemps que ce crĂ©ateur nâest plus approchable Ă travers les vĂ©nĂ©rations, rituels ou sacrifices. Au contraire, lâaide surnaturelle est attendue des dĂ©funts ancĂȘtres rĂ©cents, qui continuent dâentretenir des liens avec leurs proches en tant que fantĂŽmes et continuent Ă sâoccuper des affaires des vivants. Les dĂ©funts ancĂȘtres rĂ©cents se subdivisent eux-mĂȘmes en plusieurs catĂ©gories. Les morts communs », une fois les cĂ©rĂ©monies de secondes funĂ©railles terminĂ©es, sont autorisĂ©s Ă quitter dĂ©finitivement le monde des Ă lâinverse, au premier rang des ancĂȘtres rĂ©cents se situent des ancĂȘtres exceptionnels, puissants, regroupĂ©s sous le culte de la bonite ».43 On y trouve Ă la fois les ancĂȘtres du sang » â assassinĂ©s â et les esprits de la mer » â Ă la fois esprits nâayant jamais eu dâexistence humaine et ancĂȘtres nĂ©s du sang de grands pĂȘcheurs de bonites, ou hommes et femmes morts violemment, et dont le corps fut jetĂ© ou disparut en mer. Dans un premier temps peu pratiquĂ©e en tout cas de façon plus anecdotique et opportuniste, et sans endosser le rĂŽle symbolique quâelle prit par la suite la pĂȘche des thonidĂ©s sâest dĂ©veloppĂ©e il y a environ six gĂ©nĂ©rations XIXĂšme siĂšcle avec la mise en place de techniques de navigation plus appropriĂ©es. PĂȘche de haute mer, plus dangereuse que la pĂȘche de rĂ©cif, elle a pu jouer un rĂŽle dans lâapparition des ancĂȘtres du sang et des esprits de la mer morts assassinĂ©s ou de mort violente, dans leur supplantation des ancĂȘtres du commun, et dans leur association symbolique avec la Contrairement aux dĂ©funts du commun, tout est fait pour que les ancĂȘtres du sang continuent Ă sâintĂ©resser aux vivants, afin que ceux-ci, en sâattirant leur pouvoir mena puisse espĂ©rer en la rĂ©ussite de leurs entreprises. Pour cela, diffĂ©rents intermĂ©diaires spĂ©cifiques sont mobilisĂ©s. Les humains, Ă travers les experts en rituel mwane apuna, les hommes interdits » ; les vĂ©gĂ©taux cordyline dans la mĂ©decine traditionnelle, noix dâarec pour stimuler les transes lors desquelles un dĂ©funt investit le corps du mwane apuna, les ignames et amandes de Canarium chargĂ©es de mena pouvoir et associĂ©es aux ancĂȘtresâŠ, les animaux surtout le cochon et la bonite.45 Enfin, en faisant rĂ©fĂ©rence au surnaturel en mĂȘme temps quâils sont le support des relations avec lui »46 certains objets peuvent Ă©galement agir en tant que mĂ©diateurs. Ce rĂŽle des artefacts dans les transactions entre les vivants et les morts impliquent que les objets soient sacralisĂ©s au terme de pratiques rituelles qui, dâobjets profanes, en font des objets adaptĂ©s Ă lâusage en contexte cĂ©rĂ©moniel. Ceux-ci sont littĂ©ralement rendus actifs » en langue owa, fagamamanu » activer et menaia » rendre puissant.47 Les pirogues Ă bonites gai ni waiau, les poteaux de maisons cĂ©rĂ©monielles au ni aofa et les bols des hommes apira ni mwane subissent ce Pirogue Ă bonite rĂ©alisĂ©e par Warren Rura, Aorigi, 2001. © Sandra Revolon. Un autre moyen dâobliger les morts Ă rester attentifs Ă leurs descendants Ă©tait la conservation des crĂąnes des ancĂȘtres. Les crĂąnes secs avec anneaux de coquillages et ligatures de plantes grimpantes semblent, pour les plus tardifs, ĂȘtre des crĂąnes dâancĂȘtres ou de chefs notables plutĂŽt que des trophĂ©es â on ne peut nĂ©anmoins en ĂȘtre certain au regard des manques dans la documentation. Dâautant que la distinction entre crĂąnes trophĂ©es » et crĂąnes dâancĂȘtres » est souvent dĂ©licate en contexte ocĂ©anien. Dâune part en raison dâun manque de rigueur au moment de leur collecte ou de la collecte dâinformations les crĂąnes collectĂ©s durant les expĂ©dions coloniales sont souvent prĂ©sentĂ©s comme des trophĂ©es sans que cela soit nĂ©cessairement le cas, difficultĂ© dĂ©cuplĂ©e par le fait que les pratiques encadrant le soin des crĂąnes ont gĂ©nĂ©ralement marquĂ© un arrĂȘt brutal en raison de lâĂ©vangĂ©lisation des populations. Dâautre part, car les limites entre ces deux catĂ©gories sont permĂ©ables, le crĂąne-trophĂ©e dâun ennemi puissant pouvant ĂȘtre transformĂ© en celui dâun ancĂȘtre, et inversement, des crĂąnes dâancĂȘtres appartenant Ă des groupes ennemis pouvant ĂȘtre dĂ©robĂ©s Ă des fin dâappropriation au cours dâexpĂ©ditions guerriĂšres, et transformĂ©s en De tels crĂąnes Ă©taient gardĂ©s dans des sortes de mausolĂ©es, appelĂ©s hope Ă Roviana et Marovo, oĂč ils agissaient comme des reliques. Ces lieux Ă©taient des endroits pour communiquer avec les ancĂȘtres de mĂȘme que des endroits pour les honorer Ă travers des cultes. Beaucoup de coquillages de valeur et autre objets Ă©taient disposĂ©s autour. LassĂ©s sur le crĂąne, les anneaux de coquillages sont lĂ en tant quâobjets dâabondance. De plus, les ligatures contiennent lâesprit tomate du mort, qui peut ĂȘtre dangereux sâil sort, et des sections de coquillages, placĂ©es lĂ oĂč se trouvaient les yeux et les oreilles du dĂ©funt, permettent Ă lâesprit de rester en interaction avec le monde des vivants. Ă cĂŽtĂ© de ces crĂąnes Ă©taient conservĂ©s des objets de valeur ayant appartenu au dĂ©funt, dans le but dâattacher le fantĂŽme Ă son CrĂąne humain sec ornĂ© de coquillage et de lianes, Salomon occidentales, XIXĂšme siĂšcle. © South Australian Museum, AdĂ©laĂŻde. Ces reliquaires, enracinant les ancĂȘtres dans le territoire de leur descendants, captant et conservant le pouvoir de ces hommes puissants qui avaient menĂ©s des raids victorieux de leur vivant, Ă©taient au centre de pratiques propitiatoires encadrant la chasse aux tĂȘtes. En 1908, Arthur Maurice Hocart 1883-1939 fut le premier ethnographe Ă mener un travail de terrain Ă Simbo Salomon occidentales. Il dĂ©crit une cĂ©rĂ©monie appelĂ©e Les Massues Apparaissent », organisĂ©e avant un raid Ă proximitĂ© des mausolĂ©es des chefs inatungu chefs fondateurs dâun clan. Des dons dâobjets de valeur et de nourriture Ă©taient effectuĂ©s, et lâon rĂ©clamait lâaide des ancĂȘtres pour lâexpĂ©dition Ă venir Câest la massue, ĂŽ vous les inatungu. Accordez-moi un ennemi Ă tuer, et rendez ma massue [âŠ] efficace, ĂŽ vous esprits. Accordez une victime. [âŠ] Allons-y ensemble ».51 Photographie de reliquaires en forme de huttes miniatures, lagon de Roviana Nouvelle-GĂ©orgie. © Bishop Museum, Honolulu. Les objets liĂ©s aux pratiques de la chasse aux tĂȘtes et de la pĂȘche Ă la bonite, en intervenant dans les interactions entre les humains et les entitĂ©s naturelles et surnaturelles qui les entourent, jouent le rĂŽle de mĂ©diateurs. Comment ce rĂŽle conditionne-t-il leurs modalitĂ©s de production ? Au-delĂ des rituels les consacrant que nous avons briĂšvement Ă©voquĂ©s, ces objets tirent leur efficacitĂ© magique de leur matĂ©rialitĂ© mĂȘme, câest-Ă -dire de leurs formes, leurs couleurs, de la maniĂšre dont ils sont fabriquĂ©s, bref, tout ce qui fait la rĂ©alitĂ© physique dâun objet. Les signes qui les composent et les moyens techniques quâils mobilisent participent de leur efficacitĂ©, et câest ce que nous aborderont plus en dĂ©tails la semaine prochaine. Margot Duband Image Ă la une Vue dâobjets des Ăźles Salomon chez un collectionneur, tirage gĂ©lation-argentique, Londres, vers 1900. Reproduction avec lâaimable autorisation dâAnthony Meyer. 1 BENNETT, J. A., 1987. The Wealth of the Solomons. A History of a Pacific Archipelago, 1800-1978. Pacific Islands Monograph Series, 3. Honolulu, University of Hawaii Press, p. 26, p. 45. 2 Edvard HVIDING, E., In REVOLON, S., et MELANDRI, M., dir., 2014. LâĂ©clat des Ombres. Lâart en noir et blanc des Ăźles Salomon. Paris, Somogy Ă©ditions dâart, p. 124. 3 REVOLON, S., et MELANDRI, M., dir., 2014. LâĂ©clat des Ombres. Lâart en noir et blanc des Ăźles Salomon. Paris, Somogy Ă©ditions dâart, p. 11. 4 SHEPPARD, P. In REVOLON, S., et MELANDRI, M., dir., 2014. LâĂ©clat des Ombres. Lâart en noir et blanc des Ăźles Salomon. Paris, Somogy Ă©ditions dâart, pp. 21-24. 5 Originaire des Ăźles dâAsie du Sud-Est, la culture Lapida a commencĂ© son expansion il y a un peu plus de 4000 ans, sur dâimmenses espaces dâocĂ©an compris entre HawaĂŻ, lâĂźle de Paques, la Nouvelle-GuinĂ©e et Madagascar, et est associĂ©e dans ces rĂ©gions au dĂ©but de la domestication des plantes et des animaux. Un des fossiles directeurs de cette civilisation sont des cĂ©ramiques Ă dĂ©cors Ă©laborĂ©s, estampĂ©s notamment. Lâusage des coquillages fait Ă©galement partie de la culture matĂ©rielle Lapita. La prĂ©sence de bracelets dâavant bras, mais Ă©galement dâhameçons et de herminettes en coquillage est attestĂ© sur plusieurs sites archĂ©ologiques. Contrairement Ă la poterie qui sâest limitĂ©e au Nord de lâarchipel, lâusage des coquillages sâest dĂ©veloppĂ© partout dans les Salomon. SHEPPARD, P. In REVOLON, S., et MELANDRI, M., dir., 2014. LâĂ©clat des Ombres. Lâart en noir et blanc des Ăźles Salomon. Paris, Somogy Ă©ditions dâart, p. 22. 6 WAITE, D., et CONRU, K., 2008. TrĂ©sors des Ăźles Salomon la collection Conru. Milan, cinq continents. 7 DAVENPORT, W. H., 1968. Sculpture of the Eastern Solomon Islands ». Expedition, 10 2, pp. 4-25. 8 DAVENPORT, W. H.,1981. Male initiation in Aokiri. Man and the Spirits in the Eastern Solomons », Expedition, 23 2, p. 5. 9 REVOLON, S., et MELANDRI, M., dir., 2014. LâĂ©clat des Ombres. Lâart en noir et blanc des Ăźles Salomon. Paris, Somogy Ă©ditions dâart, p. 149. 10 SCOTT, M. W., In REVOLON, S., et MELANDRI, M., dir., 2014. LâĂ©clat des Ombres. Lâart en noir et blanc des Ăźles Salomon. Paris, Somogy Ă©ditions dâart, p. 165. 11 WAITE, D., 1983. Art des Ăźles Salomon dans les collections du musĂ©e Barbier-MĂŒller [trad. de lâanglais par Monique Barbier-MĂŒller]. GenĂšve, Ă©ditions du musĂ©e Barbier-MĂŒeller. 12 La chasse aux tĂȘtes est un terme gĂ©nĂ©rique dĂ©signant un ensemble de pratiques diverses et pas toujours comparables, attestĂ©es Ă diffĂ©rents endroits du globe et Ă diffĂ©rentes Ă©poques. Elle nâest pas automatiquement associĂ©e au cannibalisme lĂ encore, plusieurs acceptation du terme, voir Ă ce sujet Martine chez les cannibales, et le mot âchasseâ peut prĂȘter Ă confusion puisquâil sâagit en lâespĂšce dâune pratique exceptionnelle, codifiĂ©e et Ă ritualisĂ©e. Une hypothĂšse couramment acceptĂ©e est de lier la chasse aux tĂȘtes Ă la fertilitĂ©, Ă un transfert de force procrĂ©atrice de la victime Ă la communautĂ© chasseresse. Cette interprĂ©tation a cependant Ă©tĂ© beaucoup critiquĂ©e puisque, en contexte mĂ©lanĂ©sien du moins, la relation entre chasse aux tĂȘtes et fertilitĂ© nâest jamais exprimĂ©e en ces termes par ceux qui la pratiquent. Une interprĂ©tation plus rĂ©cente envisage la violence comme une modalitĂ© dâĂ©change Ă part entiĂšre, au mĂȘme titre par exemple que les Ă©changes commerciaux. Elle est question de pouvoir et dâidentitĂ© dâun groupe par rapports aux autres groupes. COIFFIER, C., et GUERREIRO, A., 1999. La chasse aux tĂȘtes, une dette de vie ». In COLLECTIF, La Mort nâen saura rien reliques dâEurope et dâOcĂ©anie. Paris, RĂ©union des MusĂ©es Nationaux, p. 48. De toute Ă©vidence, la multiplicitĂ© des contextes dans lesquels sâest dĂ©veloppĂ©e cette pratique interdit dây apporter des rĂ©ponses trop englobantes. 13 HOWARTH, C., et WAITE, D., 2011. Varilaku. Pacifics arts from the Solomon Islands. Canberra, National Gallery of Australia, p. 20. 14 Ă Roviana sud de la Nouvelle-GĂ©orgie âlâapparition de la forme moderne du reliquaire recevant les crĂąnes des dĂ©funts et celle des objets de valeurs en coquillages dĂ©posĂ©s dessus sont liĂ©es Ă la construction dâun grand fort ayant servi de base aux chasseurs de tĂȘte de Rovianaâ. SHEPPARD, P. In REVOLON, S., et MELANDRI, M., dir., 2014. LâĂ©clat des Ombres. Lâart en noir et blanc des Ăźles Salomon. Paris, Somogy Ă©ditions dâart, p. 25. 15 HOWARTH, C., et WAITE, D., 2011. Varilaku. Pacifics arts from the Solomon Islands. Canberra, National Gallery of Australia. Loc. Cit. 16 BARRAUD, C., 1972. De la chasse aux tĂȘtes Ă la pĂȘche Ă la bonite. Essai sur la chefferie Ă Eddystone ». LâHomme, tome 12, n°1, p. 78. 17 HOWARTH, C., et WAITE, D., 2011. Varilaku. Pacifics arts from the Solomon Islands. Canberra, National Gallery of Australia, p. 25. 18Ibid, p. 76. 19Ibid, p. 79-80. 20Ibid, p. 81. 21 BARRAUD, C., 1972. De la chasse aux tĂȘtes Ă la pĂȘche Ă la bonite. Essai sur la chefferie Ă Eddystone ». LâHomme, tome 12, n°1, pp. 64-104. Loc. Cit. 22Ibid, p. 82. 23 Ibid, p. 83. 24 En cela que, comme câest gĂ©nĂ©ralement le cas en OcĂ©anie, hommes et animaux ne sont pas nĂ©cessairement opposĂ©s du point de vu conceptuel. Au contraire, ils constituent tous, et au mĂȘme titre, des ĂȘtres sociaux. Voir Ă ce sujet renvoi Ă lâarticle dâAlice sur le tournant ontologique. 25 HVIDING, E., 1996. Guardians of the Marovo Lagoon. Practice, Place and Politics in Maritime Melanesia. Pacific Islands Monograph Series, 14. Honolulu, University of Hawaii Press, pp. 198- 200. La traduction française provient de WAITE, D., et CONRU, K., 2008. TrĂ©sors des Ăźles Salomon la collection Conru. Milan, cinq continents. 26 SCOTT., M. W., In REVOLON, S., et MELANDRI, M., dir., 2014. LâĂ©clat des Ombres. Lâart en noir et blanc des Ăźles Salomon. Paris, Somogy Ă©ditions dâart, p. 168. 27 REVOLON, S., et MELANDRI, M., dir., 2014. LâĂ©clat des Ombres. Lâart en noir et blanc des Ăźles Somogy Ă©ditions dâart. Loc. Cit. 28 WAITE, D., 1983. Art des Ăźles Salomon dans les collections du musĂ©e Barbier-MĂŒller [trad. de lâanglais par Monique Barbier-MĂŒller]. GenĂšve, Ă©ditions du musĂ©e Barbier-MĂŒeller. 29 THOMAS, N., 1995. LâArt de lâOcĂ©anie. Londres, Thames & Hudson, pp. 91-92. 30Ibid. 31 HOWARTH, C., et WAITE, D., 2011. Varilaku. Pacifics arts from the Solomon Islands. Canberra, National Gallery of Australia, p. 20. 32 Edvard HVIDING, E. In REVOLON, S., et MELANDRI, M., dir., 2014. LâĂ©clat des Ombres. Lâart en noir et blanc des Ăźles Salomon. Paris, Somogy Ă©ditions dâart, p. 125. 33 HOWARTH, C., et WAITE, D., 2011. Varilaku. Pacifics arts from the Solomon Islands. Canberra, National Gallery of Australia, p. 20, p. 22. 34 Le systĂšme des Bigmen est effectif aux Ăźles Salomon. 35 Notons que le but de cette accumulation nâest pas la thĂ©saurisation mais bien toujours plus de dĂ©penses. Le Bigman, acquĂ©rant du prestige par la redistribution, nâest jamais monĂ©tairement riche. 36 THOMAS, N., 1995. LâArt de lâOcĂ©anie. Londres, Thames & Hudson, pp. 88-89. 37 Les coquillages font partie dâun complexe systĂšme de monnaies Ă diffĂ©rentes valeurs, voir COPPET, D., de, 1998. Du corps » pour lâoccident Ă la monnaie » arĂ©âarĂ©. La transfiguration monĂ©taire des relations socio-cosmiques » aux Ăźles Salomon ». In GODELIER, M., et PANOFF, M., La production du corps. Approches anthropologiques et historiques. Amsterdam, Les Editions des archives contemporaines, pp. 141-161. 38 THOMAS, N., 1995. LâArt de lâOcĂ©anie. Londres, Thames & Hudson, p. 91. 39 Ibid, p. 94. 40 Ce concept regroupe les parts matĂ©rielles et immatĂ©rielles, visibles et invisibles de la culture prĂ©coloniale [âŠ] mais insiste aussi sur sa fluiditĂ©, câest-Ă -dire sa capacitĂ© Ă Ă©voluer avec le monde contemporain. » In KREIDL, M., et NYSSEN, G., 2018. Le Centre Culturel du Vanuatu â Petite visite dans une grande maison de rĂ©union », CASOAR. 41 HOWARTH, C., et WAITE, D., 2011. Varilaku. Pacifics arts from the Solomon Islands. Canberra, National Gallery of Australia, p. 17. 42 REVOLON, S., 2007a. The Dead are looking at us. Place and role of the apira ni farunga ceremonial bowls in post-funeral wakes in Aorigi Estern Solomon Islands ». JSO, 124, vol. 1, pp. 59-66. 43 REVOLON, S., 2012. LâĂ©clat des ombres ». Objets irremplaçables, Techniques et Culture, 58, pp. 252-263. 44 DAVENPORT, 1968, pp. 22-23. CitĂ© dans REVOLON, S., 2007b. SacrĂ©s curios. Du statut changeant des objets dans une sociĂ©tĂ© mĂ©lanĂ©sienne Aorigi, Ă lâest des Ăźles Salomon». Gradhiva, 6, pp. 58-69. 45 REVOLON, S., 2006. Les esprits aiment ce qui est beau » ; Forme, sens et efficacitĂ© rituelle des sculptures owa Est des Ăźles Salomon ». Annales de la fondation Fyssen, 21, pp. 64-65. 46 LĂVI-STRAUSS in CHARBONNIER, 1969. CitĂ© dans REVOLON, S., 2006. Les esprits aiment ce qui est beau » ; Forme, sens et efficacitĂ© rituelle des sculptures owa Est des Ăźles Salomon ». Annales de la fondation Fyssen, 21, pp. 62 -73. 47 REVOLON, S., et MELANDRI, M., dir., 2014. LâĂ©clat des Ombres. Lâart en noir et blanc des Ăźles Salomon. Paris, Somogy Ă©ditions dâart, p. 150. 48 REVOLON, S., 2006. Les esprits aiment ce qui est beau » ; Forme, sens et efficacitĂ© rituelle des sculptures owa Est des Ăźles Salomon ». Annales de la fondation Fyssen, 21, p. 66. 49 COIFFIER, C., et GUERREIRO, A., 1999. La chasse aux tĂȘtes, une dette de vie ». In COLLECTIF, La Mort nâen saura rien reliques dâEurope et dâOcĂ©anie. Paris, RĂ©union des MusĂ©es Nationaux, p. 35. 50 HOWARTH, C., et WAITE, D., 2011. Varilaku. Pacifics arts from the Solomon Islands. Canberra, National Gallery of Australia, p. 18. 51 HOCART, 1931, p. 308. CitĂ© par Tim Thomas In REVOLON, S., et MELANDRI, M., dir., 2014. LâĂ©clat des Ombres. Lâart en noir et blanc des Ăźles Salomon. Paris, Somogy Ă©ditions dâart, p. 180. Bibliographie BARRAUD, C., 1972. De la chasse aux tĂȘtes Ă la pĂȘche Ă la bonite. Essai sur la chefferie Ă Eddystone ». LâHomme, tome 12, n°1, pp. 64-104. BENNETT, J. A., 1987. The Wealth of the Solomons. A History of a Pacific Archipelago, 1800-1978. Pacific Islands Monograph Series, 3. Honolulu, University of Hawaii Press. CHARBONNIER, G., 1969. Entretiens avec C. LĂ©vi-Strauss. Paris, Presses Pocket. COIFFIER, C., et GUERREIRO, A., 1999. La chasse aux tĂȘtes, une dette de vie ». In COLLECTIF, La Mort nâen saura rien reliques dâEurope et dâOcĂ©anie. Paris, RĂ©union des MusĂ©es Nationaux, pp. 30-48. COPPET, D., de, 1998. Du corps » pour lâoccident Ă la monnaie » arĂ©âarĂ©. La transfiguration monĂ©taire des relations socio-cosmiques » aux Ăźles Salomon ». In GODELIER, M., et PANOFF, M., La production du corps. Approches anthropologiques et historiques. Amsterdam, Les Editions des archives contemporaines, pp. 141-161. DAVENPORT, W. H., 1968. Sculpture of the Eastern Solomon Islands ». Expedition, 10 2, pp. 4-25. DAVENPORT, W. H.,1981. Male initiation in Aokiri. Man and the Spirits in the Eastern Solomons », Expedition, 23 2, pp. 4-19. HOWARTH, C., et WAITE, D., 2011. Varilaku. Pacifics arts from the Solomon Islands. Canberra, National Gallery of Australia. HVIDING, E., 1996. Guardians of the Marovo Lagoon. Practice, Place and Politics in Maritime Melanesia. Pacific Islands Monograph Series, 14. Honolulu, University of Hawaii Press. KREIDL, M., et NYSSEN, G., 2018. Le Centre Culturel du Vanuatu â Petite visite dans une grande maison de rĂ©union », CASOAR. derniĂšre consultation le 19 avril 2020. REVOLON, S., 2003. De lâobjet sacrĂ© Ă lâobjet commercial la production esthĂ©tique comme support de la tradition Ă lâEst des Ăźles Salomon OcĂ©anie. Paris, EHESS. REVOLON, S., 2006. Les esprits aiment ce qui est beau » ; Forme, sens et efficacitĂ© rituelle des sculptures owa Est des Ăźles Salomon ». Annales de la fondation Fyssen, 21, pp. 62 -73. REVOLON, S., 2007a. The Dead are looking at us. Place and role of the apira ni farunga ceremonial bowls in post-funeral wakes in Aorigi Estern Solomon Islands ». JSO, 124, vol. 1, pp. 59-66. REVOLON, S., 2007b. SacrĂ©s curios. Du statut changeant des objets dans une sociĂ©tĂ© mĂ©lanĂ©sienne Aorigi, Ă lâest des Ăźles Salomon». Gradhiva, 6, pp. 58-69. REVOLON, S., 2012. LâĂ©clat des ombres ». Objets irremplaçables, Techniques et Culture, 58, pp. 252-263. REVOLON, S., et MELANDRI, M., dir., 2014. LâĂ©clat des Ombres. Lâart en noir et blanc des Ăźles Salomon. Paris, Somogy Ă©ditions dâart. THOMAS, N., 1995. LâArt de lâOcĂ©anie. Londres, Thames & Hudson. WAITE, D., 1983. Art des Ăźles Salomon dans les collections du musĂ©e Barbier-MĂŒller [trad. de lâanglais par Monique Barbier-MĂŒller]. GenĂšve, Ă©ditions du musĂ©e Barbier-MĂŒeller. WAITE, D., et CONRU, K., 2008. TrĂ©sors des Ăźles Salomon la collection Conru. Milan, cinq continents.